Quatre jours dans le parc du Mont Tremblant, assez court pour pouvoir le raconter et assez long pour avoir vécu de belles choses.
Un peu de culture : Le parc national du Mont-Tremblant, d'une superficie de 1 510,1 km², est situé au nord des villages de Mont-Tremblant, de Saint-Donat, et de Saint-Côme dans les régions administratives de Laurentides et de Lanaudière. Il tient son nom du mont Tremblant. Il s'agit du plus grand parc naturel du Québec. On y dénombre plus de 400 lacs sauvages dont plusieurs ont une superficie qui dépasse le kilomètre carré. De nombreux ruisseaux d'importance, de nombreuses chutes et trois rivières majeures serpentent sur son territoire. On y retrouve de nombreuses meutes de loups ainsi que des traces possibles du couguar et du carcajou.
Lundi midi ; je ne sais pas quoi faire cette semaine et je n’ai pas envie de travailler, je décide de passer quelques jours au Parc du Mont Tremblant. C’est à 200 km de Montréal, je serai de retour au week-end. Je range mes affaires et réalise mon sac puis me rends au terminus des voyageurs là où je rencontre Graig : l’ami australien d’Amandine avec qui j’ai passé un week-end à Sherbrooke. Nous nous retrouvons dans le même bus qui quitte Montréal à 16h30. Il descend deux arrêts plus tôt que moi, je termine le voyage en discutant avec un anglais qui se rend à Mont Tremblant. Je réserve ma chambre, pose mes affaires et parts en direction du lac. Il est proche de 20h, le soleil se couche, c’est très beau mais je dois retourner à l’auberge avant qu’il ne fasse trop nuit. Je réfléchie à comment remplir les journées qui vont suivre, j’aimerais me rendre dans le parc mais il n’y a pas de navette, mon voisin de chambre me dit que le « stop » ne marche pas beaucoup car il n’y a pas grand monde sur cette route. Le lendemain matin, je fais mon sac et quitte l’auberge direction le parc, il y a vingt kilomètres jusqu'à l’entrée et encor quinze après pour arriver jusqu’au camping. Sur la route je ne croise pas beaucoup de voiture en effet mais la personne avec qui je discutais la veille dans le bus, il à dormit dans un chalet en haut des pistes de ski et reprend un bus vers Montréal, je n’ai pas vraiment compris pour quelles raisons il repartait déjà. Je continue à marcher avec mon sac à dos et ma toile de tente.
Les moustiques sont de plus en plus nombreux et ça devient insupportable. Heureusement une voiture s’arrête. Il s’agit d’un pécheur, il s’appel Jean, il été dans le parc la veille et s’est baigné dans le lac. Le lac est très propre semble t-il que l’on peut voire jusqu'à 1m50 de profondeur. Je le crois sur parole, je n’irais pas vérifier moi-même pour être sûre, l’eau doit être terriblement froide.
Il me dépose à 6 km de l’entrée et me conseille d’acheter « Watkins », c’est le meilleur crème contre les mouches. Je suis impatient d’arriver, j’en suis rendu à me défendre avec ma serviette de bain contre les moustiques. A l’accueil, je réserve une place de camping et achète la crème. Dans le même temps des Français viennent d’arriver, ils me déposent jusqu'à mon camping 15 km plus loin à proximité du lac Monroe. Je monte la tente et me repose un bref moment. C’est le début d’après-midi, je décide de faire un tour aux chutes Croches ainsi qu’aux chutes du Diable. Les sentiers sont très bien faits, le paysage est merveilleux et on se sent vraiment au milieu de rien. Il me reste encor du temps et assez d’énergie pour me rendre au lac-Poisson, c’est une marche de cinq km qui vaut vraiment le coût même s’il n’est pas très praticable, je mets les pieds dans l’eau et enjambe quelques arbres. Je croise des castors, leurs barrages m’impressionnent.
Le milieu est magnifique tout comme le lac-Poisson que je fini par atteindre. Il est immense, les montagnes jaillissent directement du lac et sont recouvertes de sapins et boulots, le reflet sur le lac des nuages et de l’ensemble du paysage est magique.
Enfin je rentre à la tente, j’ai mal aux pieds et j’espère pouvoir observer le couché du soleil sur le lac Monroe, je suis très bien situé, le cadre est magnifique encor une fois. Je suis crevé, je ne me couche pas tard. Dans la nuit, j’entends roder, un animal qui fait le tour de la tente probablement pour espérer trouver de la nourriture : je pense à une marmotte ou un castor. Heureusement pour moi, elles n’insistent pas beaucoup. C’est ma troisième journée déjà, je retourne à l’entré du parc ou débute la randonnée du centenaire, le circuit est de 9 km et très difficile avec 400 mètres de dénivelé. Les premiers kilomètres sont difficiles, ça ne cesse de monter. Après deux kilomètres de marche je m’arrête face à une vue panoramique sur la région pour prendre mon déjeuner.
Je rencontre Jennifer sur le circuit, ses parents habitent Mont Tremblant, nous terminons le circuit en discutant. Je reprends la direction du lac, un bus scolaire me prends en stop, il s’agit d’un bus jaune, c’est génial, je ne pensé pas avoir l’occasion de montée dans ce genre de bus. Arrivé au lac, je déplie la tente et sans perdre de temps suit la randonnée qui doit me rendre à mon chalet ou je compte dormir. J’ai peur d’être juste en temps, j’ai neuf kilomètres de randonnée à réaliser avant la tombé de la nuit. Finalement, j’arrive avant la nuit, je coupe quelques bûches et allume un feu comme me l’avait conseillé le garde. Je suis seul au chalet, il peut contenir 18 personnes, est situé au bord du lac Ernie.
Je suis envahie de mouche, j’ai comme l’impression que mon produit ne leur fait plus rien, probablement à cause de la transpiration. Je me réfugie à l’intérieur et passe la soirée éclairée à la bougie, seul dans ce chalet de bois au milieu de rien. Je me lève de bonne heure, je suis prêt à partir à 6H10, c’est génial, le soleil est déjà levé et il n’y a pas de moustiques. C’est parti pour une marche de 24 km jusqu’à l’accueil de Saint-Donas, je ne traine pas. Les premiers kilomètres passent très vite, le sentier est plus praticable que la veille et le paysage est toujours aussi merveilleux. Il m’arrive d’entendre les feuilles bougées, il s’agit à nombreuses reprise d’écureuils, carpeaux ou perdrix. Sauf une fois, j’entends comme des arbres qui tombent mais je ne voie rien car la forêt est trop dense, pourtant je ne suis vraiment pas loin, je fais du bruit avec ma bouteille d’eau et je poursuis ma route sans êtres trop curieux. A peine un kilomètre plus loin, j’entends à nouveau le bruit des feuilles écrasées. La pente est importante et je n’ose pas m’approché, le bruit est de plus en plus proche jusqu'à ce que j’aperçoive un ours. Il est noir, pas très gros mais déjà très impressionnant. Je ne bouge pas, il s’approche en marchant tranquillement jusqu'à 20 ou 25 mètres de moi à travers bois avant de repartir en courant. J’ai ressentie comme une montée d’adrénaline ! Je repars également de mon côté, il me reste des kilomètres à faire. A plusieurs reprises je me retrouve obligé de mettre les pieds dans l’eau pour me permettre de poursuivre. Cette partie de parcours est assez dure, ça grimpe, j’ai de l’eau plein les chaussures et mon sac commence à me faire mal, il pèse 15 kg. En revanche les quatre derniers kilomètres vont très bien. Je suis un cours d’eau, j’aperçois de nombreuses traces au sol (ours, orignal, chevreuil et castors ou marmottes). J’arrive à l’accueil, je rempli ma gourde en eau, change de chaussettes, mange mes derniers biscuits et c’est repartie mais en direction de Montréal. Il est 13h00 et j’espère pouvoir y arriver pas trop tard. Pas de véhicules pendant de nombreuses minutes, il n’y a personne sur ce type de route. Je réussis finalement à force de patience à tomber sur une personne qui me conduit jusqu'à Saint-Donas le premier village à l’extérieur du parc. Je sors une affiche et y inscrit « Montréal » puis je lève le pouce. Une camionnette s’arrête, le chauffeur s’appel François, nous discutons jusqu'à Montréal en grignotant des cerises. Super sympa, il me laisse ses coordonnées et me propose de me laisser son chalet à l’occasion. A Montréal je m’empresse de contacter Catherine pour la prévenir de mon retour, elle n’a pas encor terminée sa journée de travail, je me rends à son appart et me repose après une bonne douche en attendant son retour.

1 commentaire:
Wow... un ours à 25 m en liberté et dans son milieu naturel...!!!! Et t'as même pas pris la pose avec lui ? :) En tout ça restera un des moments forts de ton périble. Impressionnant ce billet...
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